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Publié le : 22 août 2026


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Dégât des eaux en location : qui paie, quelles démarches

Dégât des eaux en location : qui paie, quelles démarches

Un dégât des eaux dans un logement loué, c'est une urgence à gérer vite — et souvent sous stress. Locataire comme propriétaire se retrouvent face aux mêmes questions : qui appelle qui ? Qui paie les dégâts ? Ce guide vous donne les étapes claires et les règles légales pour éviter le conflit et agir dans les délais.

Dégât des eaux : les premiers gestes

Quand une fuite apparaît, la priorité est d'éviter que les dégâts ne s'aggravent. Voici les réflexes à avoir immédiatement, que vous soyez locataire ou propriétaire.

Couper l'alimentation en eau : localisez le robinet d'arrêt général et fermez-le. Si vous êtes locataire et ne savez pas où il se trouve, demandez au propriétaire ou au gardien de l'immeuble.

Protéger vos biens : déplacez les meubles, déconnectez les appareils électriques, récupérez les objets de valeur loin des zones humides. Ne touchez pas aux installations électriques si le sol est mouillé.

Documenter les dégâts : prenez des photos et vidéos horodatées de tout ce qui est endommagé — sol, murs, plafond, mobilier. Ce sera votre preuve principale auprès des assurances. Plus c'est exhaustif, moins il y aura de contestation.

Prévenir le propriétaire sans délai : selon l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est tenu de signaler toute dégradation au bailleur. Un SMS ou un e-mail suffisent, mais gardez une trace écrite.

Prévenir le syndic si vous êtes en copropriété : en immeuble collectif, les dégâts peuvent provenir des parties communes ou toucher plusieurs appartements. Le syndic peut déclencher les démarches entre assurances et coordonner l'intervention.

Ne jamais ignorer une fuite, même minime : une infiltration non traitée peut fragiliser la structure d'un plancher ou entraîner l'apparition de moisissures en quelques semaines.

Les causes : fuite, vétusté, malveillance

L'origine du sinistre détermine en grande partie qui sera financièrement responsable :

Cause Responsable présumé
Tuyaux ou joints vétustes (usure normale) Propriétaire
Robinet mal fermé, négligence du locataire Locataire
Canalisation endommagée lors d'un déménagement Locataire
Fuite provenant du toit ou des murs extérieurs Propriétaire
Dégât venant de l'appartement du voisin Assurance du voisin responsable
Infiltration en parties communes Syndic / assurance copropriété

Qui est responsable : locataire ou propriétaire ?

La responsabilité en cas de dégât des eaux repose sur deux textes fondamentaux : le Code civil et la loi du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs.

Les obligations du locataire :

  • Entretien courant du logement et menues réparations (article 7 de la loi de 1989 et décret du 26 août 1987)
  • Signalement sans délai de tout dysfonctionnement au propriétaire
  • Souscription obligatoire d'une assurance habitation couvrant sa responsabilité civile et ses biens personnels

Les obligations du propriétaire :

  • Maintenir le logement en bon état d'usage tout au long du bail (article 6 de la loi de 1989)
  • Réaliser les réparations importantes liées à la structure (tuyauterie principale, toiture, façades)
  • Souscrire si souhaité une assurance propriétaire non occupant (PNO) pour couvrir les risques structurels

En cas de litige, l'article 1732 du Code civil présume que le locataire est responsable des dégradations survenues pendant la location — sauf s'il prouve que les dégâts résultent d'un vice de construction, d'un entretien défectueux incombant au bailleur, ou d'un cas de force majeure. D'où l'importance d'un état des lieux rigoureux et de la documentation photographique.

La notion de vétusté dans la responsabilité

La vétusté joue un rôle clé dans l'attribution des responsabilités. Si une tuyauterie datant de 30 ans cède, la responsabilité incombe au propriétaire, même si la fuite a été découverte par le locataire. L'usure normale du logement est à la charge du bailleur.

Si une grille de vétusté est annexée au bail (recommandée par l'ANIL depuis 2016), elle définit un barème de dépréciation par type d'équipement et par année d'ancienneté. Sans cette grille, c'est à l'expert mandaté par l'assurance d'évaluer la part de vétusté applicable à l'indemnisation.

Source : service-public.fr — Dégât des eaux en location

La déclaration à l'assurance, étape par étape

La déclaration auprès de son assurance est une étape incontournable, à enclencher rapidement après le sinistre.

Pour le locataire :

  1. Contacter votre assurance habitation (téléphone ou espace en ligne personnel)
  2. Fournir la date, la description et l'origine probable du sinistre
  3. Transmettre les photos et l'estimation des dommages aux biens personnels
  4. Remettre le constat amiable signé si un tiers (voisin, copropriété) est impliqué

Pour le propriétaire :

  1. Contacter son assurance PNO si le dégât concerne la structure du bâtiment
  2. Déclarer auprès du syndic si les parties communes sont en cause
  3. Informer son locataire des démarches engagées et des délais d'intervention prévus

Le délai de déclaration (5 jours ouvrés)

La loi impose un délai de 5 jours ouvrés après la constatation du sinistre pour déclarer un dégât des eaux à son assurance. Dépasser ce délai peut entraîner une réduction — voire un refus — de l'indemnisation, selon les conditions générales de votre contrat.

Exception : si vous êtes en voyage et ne pouviez pas constater les dégâts, le délai court à compter de votre retour. Conservez une preuve de votre absence (réservation d'hôtel, billets de transport) pour justifier le retard de déclaration.

Le constat amiable et l'expertise

Le constat amiable de dégât des eaux est un formulaire standardisé à remplir conjointement avec toutes les parties concernées — locataire, propriétaire, voisins le cas échéant. Son rôle est de décrire factuellement le sinistre et d'accélérer le traitement par les assurances.

Pour le remplir correctement :

  • Indiquer clairement les coordonnées et numéros de contrat d'assurance de toutes les parties
  • Décrire l'origine probable de la fuite (avec précision : quel robinet, quel tuyau, quel local)
  • Lister les dommages constatés par partie (plafond, parquet, mobilier)
  • Signer le document — il vaut aveu des faits, mais pas nécessairement reconnaissance de responsabilité

Si les dégâts dépassent un certain seuil (généralement 1 500 € à 2 000 €), l'assurance mandate un expert pour évaluer les dommages sur place. Vous avez le droit de contester son rapport en mandatant votre propre expert (contre-expertise). En cas de divergence entre les deux expertises, une tierce expertise est organisée, et son résultat est généralement contraignant pour les deux parties.

L'indemnisation et les délais

Les délais d'indemnisation après un dégât des eaux varient selon la complexité du sinistre :

Type de sinistre Délai moyen d'indemnisation
Sinistre simple (< 1 500 €, sans expertise) 1 à 3 mois
Sinistre avec expertise 3 à 6 mois
Litige entre assurances (immeuble collectif) 6 à 12 mois
Sinistre avec contre-expertise ou tierce expertise 9 à 18 mois

La vétusté est systématiquement déduite de l'indemnisation : si votre parquet avait 15 ans et que la grille de vétusté prévoit 50 % de dépréciation, vous n'obtiendrez que la moitié de la valeur de remplacement. Certains contrats dits "valeur à neuf" suppriment cette décote — vérifiez vos conditions générales.

En cas de désaccord avec l'indemnisation proposée par votre assureur, vous pouvez saisir le médiateur de l'assurance (démarche gratuite et indépendante), avant tout recours judiciaire. La médiation aboutit dans la majorité des cas à un accord.

Source : legifrance.gouv.fr — Articles 1724 et 1732 du Code civil

Le logement devenu inhabitable : les droits du locataire

Quand le dégât des eaux rend le logement partiellement ou totalement inhabitable, le locataire dispose de droits spécifiques prévus par le Code civil.

La réduction de loyer en cas de privation de jouissance

Si les travaux de remise en état durent plus de 40 jours, le locataire a droit à une réduction de loyer proportionnelle à la privation de jouissance (article 1724 du Code civil). Exemple concret : si une chambre est condamnée pendant 2 mois dans un appartement de 3 pièces, la réduction peut représenter un tiers du loyer mensuel.

La demande doit être formulée par écrit au propriétaire, avec justification des pièces ou espaces concernés. En cas de refus, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation (CDC), une démarche gratuite et non judiciaire.

La prise en charge du relogement

Si le logement est totalement inhabitable (plancher effondré, risque électrique, insalubrité avérée), le locataire peut exiger un relogement temporaire. La prise en charge financière dépend de la responsabilité :

  • Vétusté imputable au propriétaire → assurance PNO prend en charge l'hébergement temporaire
  • Négligence du locataire → son assurance habitation peut couvrir les frais d'hébergement (selon contrat)
  • Voisin responsable → son assurance responsabilité civile s'applique

Le bail est suspendu mais non résilié pendant la durée du relogement. Le propriétaire ne peut pas utiliser le sinistre comme prétexte pour mettre fin au bail ou récupérer le logement.

Prévenir les dégâts des eaux

La prévention reste la meilleure stratégie pour éviter des mois de procédure et des travaux coûteux.

Les détecteurs de fuite et la prévention

  • Détecteurs d'eau connectés : peu coûteux (15 à 50 €), ces appareils placés sous les éviers, derrière les machines à laver ou sous les chauffe-eaux déclenchent une alarme dès qu'un excès d'humidité est détecté. Non obligatoires légalement, mais très efficaces en prévention.
  • Entretien annuel de la chaudière ou du chauffe-eau : obligatoire pour le locataire (décret du 26 août 1987). Un chauffe-eau défaillant est l'une des premières causes de dégâts des eaux en appartement.
  • Vérification régulière des joints de robinetterie : un joint usé coûte quelques euros à remplacer ; une fuite non détectée peut engendrer des dégâts à plusieurs milliers d'euros.
  • Couper l'eau avant une longue absence : si vous partez plus d'une semaine, fermez l'alimentation générale et informez votre propriétaire. C'est une mesure de précaution élémentaire et parfois exigée par votre assurance.
  • État des lieux rigoureux à l'entrée : un état des lieux bien documenté dès la prise de possession du logement permet de distinguer les dégâts préexistants des dommages survenus pendant la location — indispensable pour protéger les deux parties en cas de litige.

Pour aller plus loin sur vos droits en tant que locataire ou propriétaire, consultez notre guide complet sur les droits du locataire.


Questions fréquentes sur le dégât des eaux en location

Qui paie en cas de dégât des eaux en location ?

Tout dépend de l'origine : le locataire est couvert pour les dommages à ses biens et sa responsabilité civile, le propriétaire pour le logement lui-même. La vétusté de l'installation (tuyaux anciens, joints usés) incombe au propriétaire. En cas de doute, l'expertise d'assurance détermine la responsabilité de chaque partie.

Quel est le délai pour déclarer un dégât des eaux à l'assurance ?

5 jours ouvrés après la constatation du sinistre, auprès de son assurance habitation. Un constat amiable doit être rempli si d'autres parties sont impliquées (voisin, copropriété). Dépasser ce délai peut réduire ou annuler le droit à indemnisation selon votre contrat.

Le locataire peut-il demander une réduction de loyer après un dégât des eaux ?

Oui. Si le logement est devenu partiellement inutilisable et que les travaux de remise en état dépassent 40 jours, le locataire peut demander une réduction de loyer proportionnelle à la privation de jouissance, conformément à l'article 1724 du Code civil.


Un dégât des eaux est rarement sans conséquences, mais il reste tout à fait gérable si l'on agit vite et dans les règles. Documenter, déclarer, communiquer — ce sont les trois réflexes qui évitent que le sinistre ne tourne au conflit entre locataire et propriétaire. Sur jimmi.fr, retrouvez tous nos guides pratiques pour protéger vos droits et gérer votre location sereinement.


Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute situation spécifique, consultez un professionnel du droit (avocat spécialisé en droit immobilier, notaire ou juriste).

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